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Biographie


Tout commence au fin fond des provinces anglaises, j'ai neuf ans, je suis écolière. Notre instituteur- un homme très inspiré -nous encourage à écrire des petites scénettes de théâtre et à les jouer devant la classe. On s'éclate et on se donne à fond. En fin d'année, en bas de mon bulletin trimestriel, Mr Jones écrit: 'Karen sera un jour une très grande comédienne comique.'

Ma toute première prestation sur scène, j'ai 5 ans.
Je suis la première à gauche.

 

Avance rapide, nous sommes en 1992. Obligée de quitter mon appartement londonien, j'ai 28 ans, je suis en pleine crise : que faire de ma vie? Une amie de la fac, Susy Firth me propose de la rejoindre au Festival d'Avignon pour participer à un spectacle de cabaret présenté par la Cie du P'tit Matin. Avec une licence de Français en poche, en plus de mon diplôme de théâtre, la France devient une évidence!

Sur la scène de la Manutention avec Susy Firth et Gillian Boughey 
(photo Hervé Thouroude)

 

Dirigée par Michèle Guigon, l'objectif de la Compagnie du P'tit Matin est de réunir une vingtaine de comédiens, chanteurs, musiciens dans le but de créer un spectacle de cabaret décalé, plein d'humour et de personnages farfelus. Aux scènes de théâtre improvisées se mêle la musique. C'est là que le trio Les Amuse Girls naît, retrouvailles fortuites de trois amies de la fac, Susy Firth, Gillian Boughey -qui seront pour moi toujours une source d'inspiration grâce à leur intellligence, sens d'humour et vivacité d'esprit- et moi-même.

Les Amuse Girls au Théâtre de la Potinière (désormais ‘Pépinière’), dans 'Trois Anglaises et le Continent'

Notre première création, 'Trois Anglaises et le Continent', raconte notre arrivée à Paris à travers des chansons connues, allant des Beatles à Michel Legrand en passant par Beethoven. Notre particularité est une forme de spectacle qui a pris son ampleur depuis, le 'jukebox musical'. A cela se rajoute une bonne dose d'humour britannique. Puis vient 'Il était une voix...' (commandité par la Cité de la Musique), 'Shoot le Pianiste' et enfin, plus récemment, 'Trois Trios'. Des spectacles joués en tournée sur les scènes nationales de France et à Paris au Théâtre de la Potinière, la Fondation Cartier, Théâtre du Ranelagh, Théâtre de Trévise, l'Espace Jemmapes etc…

  Les Amuse Girls au Théâtre du Renard dans 'Shoot le Pianiste' 
(photo Pascale Caers)

 

En 1992, une autre rencontre importante: j'auditionne pour la Compagnie Oz, spécialisée dans le théâtre musical en anglais pour un jeune public francophone. Quoi de mieux pour ces jeunes écoliers que de perfectionner leur anglais au travers  d’un spectacle musical dans la langue de Shakespeare. Je débute dans les 'Frankenstein Follies'. C'est un tel succès que FR3 décide de le tourner en feuilleton dans le cadre de l'émission 'Continentales' présentée par Alex Taylor. Avec Ken et Nikki Starcevic, fondateurs de la Cie Oz, c'est le début d'une collaboration qui dure encore aujourd'hui.


Dans les 'Frankenstein Follies',
je suis Elisabeth, 1ère à droite 
(photo Philippe Fuzeau)


...et aussi Igor !
Avec le metteur en scène et auteur de la pièce, Ken Starcevic. 
(photo Philippe Fuzeau)

Bien que le Cabaret du P’tit Matin continue à tourner sur toute la France ainsi qu’au Cabaret Sauvage à Paris, Michèle Guigon revient vers moi en  me proposant de participer à un nouveau spectacle de théâtre et chante, 'Il y a...'. C’est là que je rencontre Meriem Menant (Emma le Clown). La conjoncture de la rencontre avec Michèle et Meriem, ayant vu leurs sens de la comédie sans égal, est une source d’inspiration pour moi et confirme mon désir d’explorer mon sens du comique.

Suite à cette prestation avec Michèle Guigon, André Salzet me sélectionne pour le rôle de la Marquise de Rennedon dans 'Canapés Maupassant' une création scénique et musicale à partir de textes de Maupassant. Un rôle plus 'classique', cependant, les quelques touches comiques que j’apporte sont appréciées par le public, et grâce à des chansons (arrangements de Benjamin Duvallet) ma voix est mise en valeur! Nous jouerons le spectacle en 2003 au Forum Lucernaire au Festival d'Avignon puis partirons en tournée en France et Allemagne.


Avec Peggy Dias et Benjamin Duvallet dans 'Canapés Maupassant'


Passage obligé chez Disney, vu mes compétences, dans leur spectacle d'Halloween, 'Les Witchy Chicks et le Hocus Pocus Band' mise en scène par Cat de Blois, chant et danse sont bien sûr à l'honneur.

Les Witchy Chicks avec Liza Michael à Disneyland Paris

Puis une rencontre clé d'un point de vue artistique. Irene Palko et Helen Later, fondatrices de Glasshouse Theatre et comédiennes que je respecte énormément, me proposent de collaborer sur un projet théâtral en anglais au Théâtre des Déchargeurs: 'Picasso's Women'

Dans le rôle de Fernande Olivier dans ‘Picasso’s Women’.


L'entente est si bonne que nous retravaillons maintes fois ensemble- 'Take the Fire', une adaptation de 'La Voix Humaine' de Cocteau, mise en scène par Andrew Wale, 'A Resounding Tinkle' mise en scène par Irene elle-même, 'Les Bonnes ' de Genet (in English!) avec Irene et Helen jouant les bonnes et moi Madame, mise en scène par Paul Garrington- dans ce même lieu.

'A Resounding Tinkle'
avec Rebecca Steele and Andrew Wale. 
 

Et c'est pour cela que Andrew Wale et Paul Garrington- tous deux metteurs en scène attitrés de Mamma Mia! à Londres- me contactent lors du casting de la version française de Mamma Mia!, me préssentant pour le rôle de Rosie....

Après 2 ans au Théâtre Mogador plus d'1 million specatateurs, une tournée nationale ou jouait devant 3000 spectateurs chaque soir et un retour triomphale au Palais des Sports, l'aventure Mamma Mia! est terminée. Ou presque car notre succès à mener à la création d'un concert de chansons des comédie musicales très demandé!

Avec Sophie Delmas et Marion Posta au Mogador dans Mamma Mia! 
(photo Pierre- Olivier)

En conclusion, je constate qu'au cours de ma vie chaque expérience m'a permis d'avancer, chaque rencontre m'a soutenue et confortée dans les choix professionnels que j’ai faits. Je garde en moi  aujourd’hui la même passion pour le théâtre que j’avais lorsque j’étais enfant. Je suis toujours aussi admirative face à la ténacité et à la créativité de ceux qui permettent au théâtre d'exister.

Et bien sûr je me dois de prouver à mon instituteur Mr. Jones qu'il avait raison…